09/02/2012Dans son discours du Bourget le 22 janvier, François Hollande a annoncé d’une phrase, qu’il reviendrait sur une partie de la réforme de Nicolas Sarkozy pour France Télévisions : « Présider la République, (…) c’est aussi ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes ou des radios du service public audiovisuel et laisser cette mission à une autorité indépendante ».
Pour Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle, en charge de la Culture et des médias dans l’équipe Hollande, la télévision mérite une place particulière dans une politique culturelle: « elle touche tous les Français et ne doit pas être opposée à la culture. Elle fait complètement partie de la culture de ceux qui la regardent » a-t-elle déclaré au débat « 2012, Culture et Médias » au Fipa à Biarritz le 27 janvier.
Pour remédier à la fragilisation du financement de l’audiovisuel public, Patrick Bloche, député de Paris, directement en charge du dossier médias dans l’équipe de Hollande, détaille les mesures prévues :
• la redevance audiovisuelle ou contribution à l’audiovisuel public ne sera pas augmentée au delà de l’indexation sur l’inflation déjà adoptée. Mais elle sera rétablie pour les résidences secondaires, qui seront assujetties à une redevance à 50 %.
• la publicité en journée sera maintenue. Le processus de suppression la publicité sur les chaînes publiques avant 20h prévu en 2016 sera donc abandonné. Seule une chaîne, France 4 a priori, ciblée sur les enfants et les jeunes, serait entièrement sans publicité.
« Il faudra revisiter le Contrat d’objectifs et de moyens de France Télévisions qui vient d’être signé. Il n’est pas sincère. Il prévoit une hausse des dépenses de 2,8 % par an, alors que la ressource publique n’augmente que de 2,2 %. Alors même que la publicité est censée être supprimée, elle devient au contraire la variable d’ajustement avec des recettes prévues en hausse : 425 millions d’euros en 2012, 450 en 2015. Chacun sait que c’est faux et qu’elle va diminuer » s’insurge Patrick Bloche.
Lui table sur 325 millions d’euros de recettes publicitaires sur la période. Avec le gain de redevance sur les résidences secondaires, et le financement de l’audiovisuel extérieur de la France (AEF) par d’autres crédits que ceux de la redevance, l’équilibre serait restauré, estime le député.
Sur la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public, plusieurs solutions sont à l’étude (en date du 8 février). Elle échapperait au CSA , même si ce dernier ne serait pas supprimé dans l’immédiat : « La fusion avec l’Arcep est logique à terme, mais ils peuvent dans un premier temps continuer à vivre leur vie en développant les synergies » estime Patrick Bloche.
Mais les nominations pourraient être décidées par :
• un conseil de surveillance commun à France Télévisions, Radio France et l’AEF, chacune des trois sociétés étant dotée d’un directoire.
ou
• un conseil d’administration qui sera renouvelé dans les trois cas avec davantage d’administrateurs indépendants et où l’Etat ne serait pas majoritaire.
Enfin le projet décrit par Patrick Bloche comporte un volet anti-concentration, basé sur des seuils d’audience. Il interdirait à un groupe audiovisuel de dépasser 30 % de parts d’audience et de détenir plus de 4 chaînes gratuites.
La taxe sur la revente des fréquences de la TNT, censurée fin décembre par le Conseil Constitutionnel, devrait enfin figurer au programme.
Isabelle Repiton (Clair de Lune Presse) pour culture2012.org





