02/01/2012Il y a 30 ans, André Malraux, premier titulaire du poste de Ministre de la Culture, disparaissait, laissant derrière lui la marque d’une politique culturelle dont les grandes orientations, et en particulier la démocratisation culturelle, restent encore ancrées aujourd’hui.
Depuis, les formes de la culture et de la communication se sont naturellement étendues : les beaux-Arts ne sont plus la forme unique et magistrale de la culture.
Face à toutes ces mutations, et plus récemment au bouleversement apporté par l’économie numérique, le Ministère de la Culture et de la Communication doit aussi évoluer.
En 2007, des propositions avaient un temps prospéré tendant à fondre la Culture et la Communication dans un ensemble institutionnel regroupant également l’Education nationale. La démarche a heureusement échoué.
Heureusement, car rassemblés au sein d’un unique ensemble administratif et politique, la culture, la communication et l’éducation ne pouvaient s’insérer avec harmonie et équilibre dans ce nouvel ensemble. L’importance budgétaire de l’Education nationale qui représentait déjà le poste de dépenses de la Nation le plus important et les ambitions politiques et sociales qui lui sont assignées conduiraient à accaparer toute l’attention et l’énergie du Ministère sur ces problématiques.
Cette fusion signifiait également perte d’autonomie d’action pour le Ministère de la Culture et de la Communication. Les répercussions en auraient été considérables en termes d’efficacité, au-delà même de la valeur symbolique que cette décision aurait pour les professionnels de la culture mais aussi pour l’image de la France, pays des droits d’auteur et de la diversité culturelle, dans le monde.
Pour autant, une autre ambition pour l’action publique devra se dessiner pour répondre aux défis du moment : le Ministère de la Culture et de la Communication doit aussi être pleinement celui du Numérique. Parce qu’en 2012, la culture est aussi numérique.
Toutes les réglementations, tous les dispositifs qui existent pour soutenir la création, toute l’exploitation des œuvres, toutes les rémunérations des auteurs sont aujourd’hui impactés par le numérique.
Le ministère doit être le lieu de la concertation et de l’expertise où se construit la politique de soutien à la culture et à la communication de demain, dans toute sa diversité et sur tous les supports. Sans extension du champ des attributions du ministère à l’économie numérique, le ministère courra alors le risque de n’être plus que le volet institutionnel dédiée à une industrie vieillissante et déconnectée et d’une création qui ne s’expose que sur les anciens réseaux.
Avec le foisonnement de la création numérique, avec la nécessité d’élargir la politique de la diversité culturelle aux nouveaux réseaux de communication, la construction d’un pôle ministériel rassemblant culture, communication et numérique est une urgente nécessité.
SACD/SCAM





